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What are SPACs and are they to be feared? (EN/FR)




----------------------- ENGLISH VERSION ----------------------

(French Version Below)


Special Purpose Acquisition Companies allow a company to be quoted on the Stock Market without having to fulfill all the Initial Public Offering (IPO) requirements. These financial vehicles are therefore experiencing considerable growth on Wall Street and are beginning to develop in Europe. But do these SPAC live up to their promises or are they rather a new type of speculative investment ?



How does a SPAC work ?


A SPAC, is a company that has no activity but organizes fundraising on the Stock Market. The latter convinces investors with the prospect of purchasing one or more non-listed companies with this SPAC. SPAC are not new financial vehicles, but generate great popularity nowadays.


Although the way SPAC work seems utterly simple, they present numerous advantages.


The principle of SPAC is therefore simple, and they offer many advantages, particularly for the not quoted company that will be bought by the SPAC. Indeed, the latter can reach stock exchange quotation in a few months, whereas this process can take up to a year for traditional IPOs. This express quotation is made possible by bypassing the procedures imposed by the Securities & Exchange Commission (SEC) for American companies. IPOs’ costs are also significant, then a SPAC enables the target company to save both time and money. Indeed, the accountancy, legal and marketing costs of an IPO can sometimes be huge. According to a 2015 KPMG report untitled A Guide to Going Public, IPO’s preparation would cost between 7 and 10% of the funds raised.


Moreover, still from the point of view of the company being bought by the SPAC, this method ensures two things: the stability of its valuation and the achievement of the buyout operation. Indeed, during an IPO, until the very last moment, it is possible for the company's valuation to collapse due to the instability of the financial markets. The consequence of this collapse may be the outright abandonment of the IPO project. In the case of an acquisition by a SPAC, the price of a share is determined directly between the management of the target company and the SPAC representatives. This dialogue allows the company targeted by “SPACing” to have its valuation unaffected by market disruptions, which is a desirable feature in the current pandemic context.


As for the investors, after a given time, if the SPAC in which they had invested has not acquired any company, the latter can reclaim their funds. In case of an acquisition, the investors enjoy a major advantage, since they can buy shares of the acquired target company at a price that will have been determined before its acquisition. In other words, the investors can buy shares whose value may skyrocket if the operation were to succeed.


From the point of view of the transaction security, SPAC also tick all the boxes ! When a SPAC considers acquiring the target company, the documents requested are the same as those used for traditional IPOs. Therefore, SPAC are not a way to bypass the rules dictated by market regulators indefinitely. They rather seem to be a way to bypass their authority while the company is being quoted.


Is there a risk in raising such large amounts of money with no guarantee except the reputation of the founders ?


Since SPAC are non-operating companies, they do not have financial statements or operations that can be classified by performance. The success of the SPACing project therefore heavily relies on the reputation of SPAC representatives. It is hardly a coincidence that Xavier Niel, the founder of Free, was the head of a SPAC.


But critics denounce a form of blindness, as SPAC expose investors to risks that are difficult to assess. The companies on which SPAC bet do not seem to be subject to the same degree of scrutiny as during classic IPOs. The emblematic case is that of the start-up Nikola, whose founder, Trevor Milton, was forced to resign on suspicion of misleading investors, about the reality of the company's technological advances. In addition, Nikola has fallen more than 70% since its peak…


To what extent are these SPAC present in Europe and in the United States?


With the current pandemic that destabilises the markets, SPAC have emerged as stable financial vehicles and therefore have been favoured by investors.


In the United States, more than 420 SPAC have raised nearly 85 billion dollars during the year 2020. This represents more funds raised than in the last 10 years for this type of financial vehicle. This boom does not seem to be on the wane at all ! On the contrary, since the beginning of 2021, new SPAC have managed to raise more funds than in the whole last year.


In comparison, in Europe, the number of SPAC is 25.


In France, only two SPAC have seen the light of day and were both created by Xavier Niel, Mathieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. The first one, whose name was Mediawan, was launched in 2016 and raised 250 Million euros; and the second, 2MX Organic was created in the late 2020.


However, given the current popularity of SPAC, it is very likely that 2021 will be the year of their rise...



----------------------- FRENCH VERSION ----------------------


Que sont les SPAC et sont-elles à craindre ?


Les Special Purpose Acquisition Companies permettent de coter une entreprise en bourse sans avoir à satisfaire toutes les contraintes d’introduction en bourse dictées par les règlementations en vigueur. Ces véhicules financiers connaissent donc un essor considérable à Wall Street et commencent à se développer en Europe. Mais qu’en est-il réellement ? Ces SPAC remplissent-elles tous les objectifs annoncés ou sont-elles davantage un nouveau type d’investissement spéculatif ?


Le fonctionnement des SPAC


Une SPAC est une société qui n’a pas d’activité mais qui organise des levées de fonds en bourse. Cette dernière convainc des investisseurs par la perspective de rachat d’une ou plusieurs sociétés non-cotées par cette SPAC. Cependant, les SPAC ne sont pas récentes, au contraire de l’engouement qu’elles suscitent.

Bien que le principe des SPAC semble simple, ces dernières suscitent un engouement tout particulier, et ce, pour plusieurs raisons…


Le principe des SPAC est donc simple, et ces dernières présentent de nombreux avantages, notamment pour l’entreprise non-cotée, rachetée par la SPAC. En effet, cette dernière accède à la cotation en bourse en seulement quelques mois tandis que ce processus peut prendre jusqu’à 1 an lors d’introductions en bourse classiques. Cette introduction express en bourse est permise par le contournement des procédures imposées par la Securities & Exchange Commission (SEC) pour les sociétés américaines. Les SPAC permettent de plus à la société cible d’éviter les coûts comptables, juridiques et marketing d’une IPO qui peuvent être très importants. En effet, selon le rapport KPMG A Guide to Going Public publié en 2015, la préparation d’une IPO coûterait entre 7 et 10% des montants levés.



De plus, toujours du point de vue de l’entreprise rachetée par la SPAC, cette façon de procéder lui assure deux choses : la stabilité de sa valorisation et la réalisation de l’opération de rachat. En effet, lors d’une introduction en bourse, jusqu’au tout dernier moment, il est possible que l’entreprise voie sa valorisation s’effondrer suite à une instabilité conjoncturelle des marchés financiers. La conséquence de cet effondrement peut être l’abandon pur et simple du projet d’introduction en bourse. Dans le cadre d’une acquisition d’une société par une SPAC (ou « SPACing » en anglais), le prix est déterminé directement entre les dirigeants de la société ciblée et les représentants de la SPAC. Ce dialogue permet donc à l’entreprise ciblée par le SPACing de voir sa valorisation imperméable aux perturbations de marché, ce qui est très recherché dans le contexte actuel de pandémie.


Pour les investisseurs, si au bout d’une certaine période, la SPAC n’a toujours pas réalisé d’acquisition, ces derniers peuvent récupérer leurs fonds. En cas d’acquisition d’une société cible, les investisseurs disposent d’un avantage majeur, puisqu’ils peuvent acheter ses actions à un prix déterminé avant l’acquisition. Si l’opération est un succès, les investisseurs auront alors réalisé une importante plus-value.


Du point de vue de la sécurité de la transaction, les SPAC cochent là aussi toutes les cases ! Lorsqu’une SPAC propose le rachat de la société cible, les documents demandés sont les mêmes que ceux intervenant lors d’IPO classiques. De ce fait, les SPAC ne sont pas une façon d’outrepasser indéfiniment les règles dictées par les régulateurs de marchés, elles permettent simplement de contourner leur autorité le temps de la cotation en bourse de l’entreprise.


N’y a-t-il pas un risque à voir de telles sommes mobilisées sur la simple réputation des fondateurs de SPAC ?


Puisque les SPAC sont des sociétés sans activité, ces dernières n’ont pas d’états financiers ni d’opérations permettant de les classer par performance. La réussite du projet de SPACing repose donc en grande partie sur la réputation des représentants des SPAC. Le fait que Xavier Niel, fondateur de Free, ait été à la tête d’une SPAC n’est pas un hasard.


Cependant, les critiques dénoncent une forme d'aveuglement, car les SPAC exposent les investisseurs à des risques difficiles à évaluer. Les entreprises sur lesquelles misent les SPAC ne semblent pas faire l'objet du même degré d'examen que lors d'une introduction en bourse classique. Le cas emblématique est celui de la start-up Nikola, dont le fondateur, Trevor Milton, a été contraint de démissionner, soupçonné d'avoir trompé les investisseurs sur la réalité des avancées technologiques de l'entreprise. De plus, Nikola a chuté de plus de 70% depuis son sommet...

A quel point ces SPAC sont-elles présentes en Europe et aux Etats-Unis ?


Avec le contexte actuel de pandémie qui déstabilise les marchés, les SPAC sont apparues comme des véhicules financiers stables et donc privilégiés par les investisseurs.


Aux Etats-Unis, ce sont plus de 420 SPAC qui ont permis de lever près de 85 Milliards de dollars en bourse au cours de l’année 2020. Cela représente plus de fonds mobilisés que sur les 10 dernières années pour ce même type de véhicules financiers.


Cet essor ne semble pas décliner, bien au contraire : depuis le début de l’année 2021, de nouvelles SPAC sont parvenues à mobiliser plus de fonds que sur la totalité de l’année dernière.


A titre de comparaison, en Europe, le nombre de SPAC est de 25.


En France, seulement deux SPAC ont vu le jour et toutes deux ont été créées par Xavier Niel, Mathieu Pigasse et Pierre-Antoine Capton. La première, Mediawan, lancée en 2016 a permis de lever 250 Millions d’euros et la deuxième, 2MX Organic, fut créée fin 2020.


Cependant, au vu de l’engouement que suscitent d’ores et déjà les SPAC, il est fort probable que l’année 2021 soit placée sous le signe de leur essor…


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