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La COP 26 : un simple “Bla-bla-bla” écologique ou de réels engagements économiques ? (EN/FR)

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Au début du mois de Novembre, le Royaume Unis accueillait à Glasgow la 26ème conférence des parties (“Conference of Parties” - COP) sur le changement climatique. Lors de cette conférence, y ont été abordées les actions menées par les Nations Unies pour répondre à l’urgence climatique imminente.


Un bref rappel de ce qu’est la COP


La COP est une conférence internationale sur le climat qui donne rendez-vous chaque année aux pays signataires de la Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique (CCNUCC) qui s’est tenue en 1992 lors d’un évènement majeur à Rio de Janeiro, le Sommet de la Terre. Dans ce traité, les nations ont convenu de “stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère” afin d’empêcher toute interférence dangereuse de l'activité humaine sur le système climatique. Aujourd’hui, le traité compte 197 signataires.


Depuis la mise en vigueur du traité en 1994, les Nations Unies réunissent chaque année la quasi-totalité des pays du monde pour des sommets mondiaux sur le climat. L’objectif de ces COP est de faire le point sur l’application des conventions et de négocier de nouveaux engagements en rapport avec le climat.


L’édition 2015 organisée à Paris - COP 21 - a permis d’adopter l’Accord de Paris, marquant un tournant dans la lutte contre le réchauffement climatique puisqu’il engage tous les pays du monde à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et maintenir le réchauffement “à bien moins des 2°C” à l’horizon de 2100. L’Accord de Paris enjoint les États à poursuivre leurs efforts en direction des +1,5°C.



Quels étaient les objectifs de la COP 26, et quelles négociations se sont jouées ?


Actions clées pour faire face aux changements climatiques


Après l’introduction de changement de dernière minute par la Chine et l’Inde sur la question des énergies fossiles, la COP 26 a finalement réussi à se mettre d’accord sur un document connu sous le nom de “Pacte de Glasgow pour le Climat”. Ce texte a principalement permis de consolider l’accord mondial visant à accélérer l’action pour le climat au cours de cette décennie afin d’atteindre les objectifs de l’Accord de Paris : limiter la hausse de la température à +1,5°C à l’horizon 2100.


Alors que la planète se trouve selon l’ONU sur une trajectoire catastrophique de réchauffement de +2,7°C par rapport à l’ère pré-industrielle (+1,4pt par rapport à l’objectif fixé par l’Accord de Paris), le Pacte de Glasgow appelle les Etats signataires à rendre compte de leurs engagements en matière de réduction de CO2 plus régulièrement que prévu dans l’Accord de Paris, et ce dès 2022 lors de la COP 27 en Egypte. Toutefois, il existe des possibilités d'aménagements pour “circonstances nationales particulières”, point qui a généré des critiques des ONG sur les ambitions réelles du texte.


De plus, “il y a un signal sur la fin de l’ère du charbon” selon Jennifer Morgan, leader chez Greenpeace International. Le texte prévoit en effet une mention inédite - non stipulée par l’Accord de Paris - sur le sujet des énergies fossiles, principales responsables du réchauffement climatique. Plus de 40 pays - dont de grands utilisateurs de charbon comme la Pologne, le Viet Nam et le Chili - ont accepté de renoncer au charbon, l’un des principaux générateurs d’émissions de CO2. Toutefois, la formulation du texte a été atténuée à la dernière minute à la demande de la Chine et de l’Inde pour convenir à la version finale : “intensifier les efforts vers la réduction du charbon sans systèmes de capture et à la sortie des subventions inefficaces aux énergies fossiles”, avec toujours la mention de “circonstances nationales particulières”.


D’autres engagements ont été pris dans le Pacte de Glasgow. L’une des plus importantes annonces de la COP 26 fut que les dirigeants de plus de 120 pays, représentant 90% des forêts du monde, se sont engagés à stopper et à inverser la déforestation d’ici 2030. Il y a eu également une promesse de réduction des émissions de méthane - 2ème gaz à effet de serre -, menée par les Etats Unis et l’Union européenne, par laquelle plus de 100 pays ont accepté de réduire les émissions d’ici 2030. À la surprise générale, les Etats Unis et la Chine se sont engagés à renforcer leur coopération en matière de climat sur une série de questions : les émissions de méthane, la transition vers des énergies propres et la décarbonisation. D’autres promesses plus modestes ont été réalisées, à l’image de l’Alliance “Beyond Oil and Gas” (BOGA) comprenant 11 pays - dont l’Irlande, la France, le Danemark, et le Costa Rica - qui a pour objectif de fixer une date limite pour l’exploration et l’extraction nationale de pétrole et de gaz.


Enfin, la COP 26 a été confrontée à l’épineuse question du financement des pays développés. Le texte insiste sur la nécessité de mobiliser le financement climatique “de toutes les sources pour atteindre le niveau nécessaire à la réalisation des objectifs de l’accord de Paris, y compris en augmentant sensiblement le soutien aux pays en développement parties, au-delà de 100 milliards de dollars par an”. Toutefois, il s’agit d’une promesse toujours non tenue par les plus riches, alors que ce sont les pays pauvres, les moins responsables du réchauffement climatique, en première ligne face à ces impacts. C’est pourquoi, les pays pauvres ont demandé un financement spécifique des “pertes et préjudices” qu’ils subissent déjà.


De nombreux pays ont déploré que le paquet de décisions convenues ne soit pas suffisant. Certains l’ont qualifié de “décevant”, mais dans l’ensemble, ils ont reconnu qu’il était équilibré par rapport à ce que les pays pouvaient accepter à ce moment précis et compte tenu de leurs différences.



Pour les acteurs financiers, encore et toujours des plans de verdissement


D’une part, plus de 450 banques mondiales telles que Bank of America ou encore BNP Paribas se sont engagées, le 3 novembre, dans une nouvelle initiative qui vise à décarboner leurs investissements. En effet, les banques peuvent contribuer à la résolution de la crise climatique via deux canaux : leurs prêts et leurs investissements. Ces dernières s’engagent notamment, conformément au GFANZ (Glasgow Financial Alliance for Net Zéro), à publier chaque année un document mettant en évidence les émissions de carbone liées aux projets auxquels elles prêtent mais, également, à fournir des milliards de dollars de financement vert. Cependant, force est de constater jusqu’à présent, que ces mêmes institutions sont loin de satisfaire leurs exigences, si on se réfère à leurs précédents objectifs sur les questions de développement durable et de climat. La raison est simple : il s’agit le plus souvent d’engagements limités par une initiative volontaire, non contraignante et sans pénalisation si les principes ne sont pas respectés.

D’autre part, les entreprises cotées jouent aussi un rôle clé pour atteindre les nouveaux objectifs de la COP26. Néanmoins, les actionnaires ne veulent plus endosser naturellement des plans de verdissement qui, selon eux, manquent d’ambition et de ténacité. En ce sens, 25 entreprises dans le monde, dont plusieurs géants français tels que Vinci et Total, se sont prêtés au jeu en consultant leurs actionnaires sur leur politique environnementale. Cette tendance fait suite au « Say on climate », débarqué massivement aux AG de 2021, qui consiste à faire approuver par les AG les plans des entreprises pour lutter contre le changement climatique.




------------------------------English version------------------------------



Is COP 26 just an ecological "blah-blah" or a synonym for authentical economic commitments ?

At the beginning of November, the United Kingdom had hosted in Glasgow, in partnership with Italy, the 26th Conference of Parties (“COP”) on climate change. It is one of the most important steps in decades of United Nations action to respond to the looming climate emergency.



A quick review of the definition of a COP


The COP is an international conference on the climate which brings together each year the signatory countries of the United Nations Framework Convention on Climate Change (UNFCCC) in 1992 during a major event in Rio de Janeiro, the Summit of the Earth. In the treaty, nations agreed to “stabilize concentrations of greenhouse gases in the atmosphere” to prevent dangerous interference by human activity on the climate system. Today, the treaty has 197 signatories.

Since the entry into force of the treaty in 1994, the United Nations has brought together almost all the countries of the world every year for world climate summits (COP - “Conference of Parties”). The objective of these COPs is mainly to negotiate new commitments related to the climate.


The 2015 edition organized in Paris - COP 21 - made it possible to adopt the Paris Agreement, marking a turning point in the fight against global warming since it commits all countries in the world to reduce their greenhouse gas emissions and maintain warming “at much less than 2 ° C” by 2100. The Paris Agreement urges States to continue their efforts in the direction of + 1.5 ° C.



What were the objectives of COP 26 and what negotiations took place during this 26th edition of the COP ?


Key actions to face climate change


After the introduction of last minute change by China and India on the fossil fuel issue, COP 26 finally managed to come up with a document known as the “Glasgow Climate Pact”. This text has mainly enabled to consolidate the global agreement aiming to accelerate action for the climate during this decade in order to achieve the objectives of the Paris Agreement: to limit the rise in temperature to + 1.5 ° C by 2100.


While the planet is, according to the UN, on a catastrophic warming trajectory of + 2.7 ° C compared to the pre-industrial era (+1.4 points compared to the objective set by the Paris Agreement), the Glasgow Pact calls on signatory states to report on their progress in terms of climate ambition more regularly than provided for in the Paris Agreement, starting in 2022 at COP 27 in Egypt. However, there are possibilities of adjustment for “particular national circumstances”, a point which has generated criticism from NGOs on the real ambitions of the text.


In addition, "there is a signal that the coal age is over," according to Jennifer Morgan, leader at Greenpeace International. The text provides for an unprecedented mention - not even mentioned in the Paris Agreement - on the subject of fossil fuels, the main culprits of global warming. More than 40 countries - including major coal users such as Poland, Viet Nam and Chile - have agreed to give up coal, one of the main generators of CO2 emissions. However, the wording of the text was toned down at the last minute at the request of China and India to agree on the final version: “intensify efforts towards reduction of charcoal without catch systems and exit from subsidies inefficient with fossil fuels ”, always with the mention of “ particular national circumstances ”.

Other commitments were made in the Glasgow Pact. One of the most important announcements at COP 26 was that the leaders of more than 120 countries, representing 90% of the world's forests, pledged to halt and reverse deforestation by 2030. There was also a promise to reduce methane emissions - the second greenhouse gas - led by the United States and the European Union, by which more than 100 countries have agreed to reduce emissions by 2030. To everyone's surprise, the United States and China have pledged to strengthen their climate cooperation on a series of issues: methane emissions, the transition to clean energy and decarbonization. Other more modest promises were made, such as the “Beyond Oil and Gas” Alliance (BOGA) comprising 11 countries - including Ireland, France, Denmark, and Costa Rica - which aims at setting a deadline for national oil and gas exploration and extraction.


Finally, COP 26 was confronted with the thorny issue of financing developed countries. The text highlights the need to mobilize climate finance “from all sources to reach the level necessary to achieve the objectives of the Paris Agreement, including by significantly increasing support to developing country parties, beyond $ 100 billion a year”. However, this is a promise still broken by the richest, while it is the poor countries, the least responsible for global warming, on the front lines in the face of these impacts. Therefore, poor countries have requested specific funding for the “loss and damage” they already suffer.


Many countries have complained that the package of decisions agreed is not enough. Some called it "disappointing," but overall they agreed that it was balanced with what countries could accept at that time and given their differences.


For the financial players, more and more greening plans


On the one hand, more than 450 global banks such as Bank of America and BNP Paribas committed themselves on November 3 to a new initiative to decarbonize their investments. Indeed, banks can contribute to the resolution of the climate crisis via two channels: their loans and their investments. Actually, they are committed, in accordance with the GFANZ (Glasgow Financial Alliance for Net Zero), to publish a document each year highlighting the carbon emissions linked to the projects to which they lend, but also to provide billions of dollars of green financing. However, so far, these same institutions are far from meeting their requirements if we refer to their previous objectives on sustainable development and climate issues. The reason for this is quite simple: most of the time, these commitments are limited to a voluntary and non-binding initiative with no penalties if the principles are not respected.

However, shareholders no longer naturally want to endorse greening plans that lack ambition. In this respect, 25 companies worldwide, including several French giants such as Vinci and Total, have played the game by consulting their shareholders on their environmental policy. This trend follows the "Say on climate", which landed massively at the 2021 AGMs, and consists in having the AGMs approval on the companies' plans to fight against climate change.


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