Recent posts:

Guerre en Ukraine: Comprendre la position du géant français TotalEnergies en 5 minutes (EN/FR)

---- French Version (English below) ----


Alors que nombreux de ses homologues occidentaux ont quitté la Russie aux prémices de ce conflit armé, la pression monte de plus en plus sur le champion énergétique français TotalEnergies encore actif dans le pays soviétique, tandis que d'autres majors pétrolières, comme les Britanniques Shell et BP, ont annoncé se retirer de leurs projets en Russie et vendre les parts de sociétés russes qu'elles détenaient.


Il y a quelques mois, dans sa volonté de sortir progressivement du pétrole pour se tourner vers des énergies vertes, TotalEnergies affichait ses objectifs de production pour 2030 : 35 % de pétrole et biocarburants (qui comportent une forte part de produits pétroliers en sus des huiles ou alcools d’origine végétale), 50 % de gaz et 15 % d’électricité. Or, la Russie fournit 16% de la production de gaz et de pétrole confondues du groupe et réciproquement TotalEnergies constitue l’un des acteurs pétroliers majeurs engagés en Russie, en étant actionnaire à hauteur de presque 20% du géant du gaz russe Novatek (société présidée par un milliardaire proche du Kremlin).


Nous comprenons donc plus aisément l’origine de la position délicate du groupe alors même que Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, évoque "Un problème de principe à travailler avec des proches du pouvoir russe." Pire encore, le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba énonçait dimanche dernier (06/03) que "Le pétrole et le gaz russes ont l’odeur du sang ukrainien" sur la chaîne CNN. Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies, a condamné publiquement l’agression militaire de Vladimir Poutine en Ukraine sans pour autant se prononcer sur un départ de Russie. Il opte donc pour l’instant pour le statut quo et s’en est tenu à dire que le groupe n’investirait plus dans de nouveaux projets dans le pays.


Et pour cause : trop d’intérêts sont en jeu. Le géant énergétique a d’ailleurs investi plusieurs milliards d’euros ces dernières années dans des projets d’envergure, à l’instar du projet gazier Yamal dans le grand Nord russe qui fonctionne à plein régime depuis cinq ans. TotalEnergies a également annoncé un passage en revue de ses activités en prenant compte des sanctions, notamment car l’un de ses projets russes l’associe indirectement à l’un des oligarques proches de Poutine. L’entreprise s’engage donc à appliquer strictement les sanctions gouvernementales.


Finalement, tout dépendra de l’évolution du conflit. “S’il y avait un bain de sang, le statu quo ne serait pas tenable, et il faudrait plier bagage. Quant à Total, la blessure ne serait pas mortelle, mais l’entreprise serait affaiblie”.



------------- English Version -------------



War in Ukraine: Let's understand the position of the French energy giant TotalEnergies in 5 minutes


While many of its Western counterparts left Russia in the early days of this armed conflict, pressure is growing on the shoulders of the French energy giant TotalEnergies, which is still active in the country, while other oil majors, such as the British Shell and BP, have announced that they are withdrawing from their projects in Russia and selling the shares of Russian companies they held.


A few months ago, in its desire to gradually move away from oil and towards green energies, TotalEnergies posted its production targets for 2030: 35% oil and biofuels (which include a high proportion of petroleum products in addition to oils or alcohols of vegetable origin), 50% gas and 15% electricity. Russia provides 16% of the group's gas and oil production combined, and TotalEnergies is one of the major oil players involved in Russia, owning almost 20% of the Russian gas giant Novatek (a company chaired by a billionaire close to the Kremlin).


We can therefore understand more easily why the giant is sitting on the fence even as Bruno Le Maire, the Minister of the Economy, mentioned: "A problem of principle in working with people close to the Russian power." Even worse, Ukrainian Foreign Minister Dmytro Kouleba said last Sunday (06/03) that "Russian oil and gas have the smell of Ukrainian blood" on CNN. Patrick Pouyanné, CEO of TotalEnergies, has publicly condemned Vladimir Putin's military aggression in Ukraine, but has not yet decided to leave Russia. For the time being, he has opted for the status quo and said that the group would not invest in any new projects in the country.


And he has good reason: too many interests are at stake. The energy giant has invested several billion euros in the recent years in large-scale projects, such as the Yamal gas project in Russia's far north, which has been operating at full capacity for five years. TotalEnergies has also announced a review of its activities, taking into account the sanctions, particularly because one of its Russian projects indirectly links the group to one of Putin's close oligarchs. The company is therefore committed to strictly applying the government sanctions.


In the end, everything will depend on how the conflict evolves. "If there was a bloodbath, the status quo would be untenable, and we would have to pack up. As for Total, the wound would not be fatal, but the company would be weakened.

307 vues